Extrait de : « Réflexi(e)ons« , compilation posthume des œuvres d’Edouard Lambreth (1924-2017), éditée par Chloé des Lys en 2024, à l’initiative de sa fille Josette.

La paix existe-t-elle en toute plénitude,

Celle qui fleurirait au jardin de l’esprit ?

Mais où la cherchons-nous hors de nos servitudes

Et la voudrions-nous sans en payer le prix ?

Serait-elle un chemin dans le désert du doute

Au-delà de remparts dressés par le destin ?

Trouverait-on mirage en suivant cette route

Qui nous ferait penser que rien n’est si lointain ?

Est-elle un feu follet agile et si rapide

Qui s’en vient, qui s’en va, qu’on ne puisse saisir,

Qui semble défier les meilleures bastides

Et, à nous éviter, prend un malin plaisir ?

Parfois elle apparaît comme une aube naissante

Qui annonce le jour dans ses pâles reflets

Mais nous restons rivés à nos obscures sentes,

Telle braise de forge en quête de soufflet.

C’est ainsi que l’on dit à qui veut bien l’entendre

Que la paix est un leurre ou qu’elle est un vain mot,

Que raisonnablement nul ne pourrait l’attendre

Dans un monde qui nage au milieu de ses maux.

Cependant on la sent présente en mille choses,

Comme une eau qui chemine et sourd à chaque instant

Ou dans la vision d’une fleur non éclose

Et dans des petits riens qui nous touchent pourtant.

Faut-il chercher sa paix jusqu’au soir de sa vie

Quand l’horizon suprême est voilé de regrets,

Ou la considérer dans tout son sens obvie

Qui nous la ferait vivre à l’écart des congrès ?

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